Mon nouveau défi à la découverte de 12 grande figures de l’éducation en un an, m’a permis de découvrir l’apport de Montaigne en la matière. Et j’ai souhaité apprendre à pratiquer la philosophie avec mes enfants pour comme il le dit faire en sorte qu’ils aient une “tête bien faite et non bien pleine“.

“La philosophie, on a grand tort de la peindre inaccessible aux enfants (…).
Prenez les simples discours de la philosophie, sachez les choisir et traiter à point, ils sont plus aisés à concevoir qu’un conte de Boccace. Un enfant en est capable au partir de la nourrice, beaucoup mieux que d’apprendre à lire et à écrire. »

Je ne suis pas du tout spécialiste de la philosophie – comme vous le savez peut être si vous avez regardé mon parcours, je suis ingénieur. Mais si Montaigne dit vrai, la philosophie un jeu d’enfant donc je devrais pouvoir m’en sortir.

 

La philosophie spontanée, au fil des questions des enfants

Les enfants naturellement dès qu’ils savent parler posent des questions. A croire d’ailleurs qu’ils apprennent à parler pour mieux comprendre le monde qui les entoure. J’ai toujours aimé rentrer dans leurs questionnements. Cela permet de voir le monde d’un nouvel œil et de se reposer des questions fondamentales que l’on esquive, pris dans le tourbillon du quotidien.

On ne peut pas tricher avec un enfant. Il reposera les questions jusqu’à aller au fond du sujet. “Pourquoi?” “et pourquoi???” Rien ne vaut ces question spontanées même si on n’est pas toujours à l’aise avec tous les sujets. Je trouve que l’important est aussi que l’enfant voit que nous n’avons pas toutes les réponses mais que même les adultes sont en recherche.

Si un terme est compliqué à expliquer, je le recherche souvent dans ma vieille encyclopédie Larousse. Cela montre aux enfants de façon très pratique l’intérêt de savoir lire qui permet de trouver soi même les réponses aux questions. Les dictionnaires classiques utilisent des mots assez compliqué pour les enfants. Il est donc souvent nécessaire de rechercher plusieurs mots dans les définitions pour comprendre le sens du mot initialement recherché. Récemment, j’ai trouvé dans un vide grenier un dictionnaire pour les CP qui utilise des mots beaucoup plus simple et est plus adapté aux jeunes enfants. L’inconvénient c’est qu’il y a beaucoup moins de mots définis donc je me rabat encore souvent sur mon encyclopédie.

Jusque maintenant, la pratique de la philosophie avec ses enfants se résumait à ces questions qui arrivaient spontanément, que nous cherchions à approfondir ensemble, parfois aidé dans nos recherches par un dictionnaire.

 

Pourquoi aller plus loin dans la pratique de la philosophie avec ses enfants?

En faisant des recherches sur la pratique de la philosophie avec les enfants, j’ai découvert que l’UNESCO a créé une chaire consacrée à la pratique de la philosophie avec les enfants. Ils résument bien sur leur site les enjeux de cette pratique:

” L’actualité tragique partout dans le monde alerte les autorités publiques sur la nécessité d’éduquer dès le plus jeune âge les futurs citoyens et citoyennes à:

  • l’esprit critique,
  • les valeurs humanistes,
  • l’égalité entre les hommes et les femmes,
  • la nécessité d’un dialogue apaisé et respectueux entre toutes les cultures
  • et de lutter contre toute forme de dogmatisme.

Ils regrettent qu’elle ne soit si souvent abordée qu’en Terminale alors qu’elle est  “ un des moteurs essentiels pour développer l’esprit critique, les compétences démocratiques, l’empathie, l’ouverture et le dialogue interculturel.”

Cela me conforte dans l’idée de pratiquer la philosophie avec mes enfants.

 

Comment pratiquer la philosophie avec ses enfants?

En poursuivant mes recherches, j’ai découvert le site du philosophe François Galichet, riche en ressources pour des parents souhaitant débuter en philosophie avec leurs enfants. Il recommande notamment de varier les démarches philosophiques pour éviter la monotonie et l’ennui.

Il distingue 5 démarches différentes:

1.- Le débat à partir d’une question

2.- Philosopher à partir d’un livre, d’un conte, d’un album

3.- Débattre autour d’un dilemme moral

4.- Philosopher à partir d’images (« photolangage »)

5.- Philosopher en écrivant

Les semaines à venir, je vais explorer ces différentes démarches. Mes enfants ayant 4 et 6 ans, je transformerai la dernière en “philosopher en dessinant”. Je vous écrirais un nouvel quand j’aurai un peu de recul sur ces différentes pratiques philosophiques.

 

Et vous, avez vous déjà pratiqué une démarche philosophique avec vos enfants? Si oui, qu’est-ce que cela vous a apporté? Avez vous des conseils pour les parents débutants?

 

 

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